Il est connu depuis longtemps que certaines personnes souffrent en hiver de fatigue, de boulimie, de dépression et de problèmes de concentration. On a découvert que la cause de ces maux est à chercher dans le dysfonctionnement du biorythme. Le biorythme ou horloge biologique détermine quand vous avez besoin de sommeil ou quand vous avez faim. Le biorythme est réglé par le cerveau et la mélatonine ou hormone du sommeil y joue un rôle primordial. Si votre biorythme fonctionne bien, la mélatonine augmente le soir et diminue le matin. Cette diminution du taux de mélatonine se fait automatiquement mais la lumière du jour y joue un rôle important. La lumière pénètre par l’œil et provoque un signal qui est envoyé vers l’épiphyse située dans le cerveau.
L’épiphyse arrête la production de mélatonine à partir d’un éclairement de 2500 lux. Chez la majorité des gens, l’horloge biologique fonctionne sans qu’ils s’en rendent compte et ils n’ont pas réellement besoin de lumière naturelle pour réguler leur biorythme. Par contre, certains y sont plus sensibles et risquent de souffrir d’un dysfonctionnement de leur biorythme lorsque les jours raccourcissent à l’arrière-saison. L’horloge biologique se dérègle graduellement, ce qui empêche l’élimination de la mélatonine pendant la journée. D’ailleurs, d’autres hormones présentes, telles que la dopamine et la sérotonine, sont mal dosées. Le premier symptôme est souvent de la fatigue, suivi par d’autres qui font que le patient se sent de plus en plus mal dans sa peau. D’après les estimations, 5 à 10% de la population belge, dont 75% de femmes, serait atteint sérieusement de dépression hivernale. Dans les pays les plus éloignés de l’équateur, là où les jours sont très courts en hiver, le nombre de maladies semble augmenter (jusqu’à 30% de la population en Laponie). Les derniers temps, le terme “dépression hivernale” a été remplacée par le mot “winterblues” dans lequel on ne retrouve plus le terme “dépression”. En effet, les malades ne souffrent pas de dépression suite à des problèmes psychiques mais bien de plaintes physiques.
Quelle est la nature des plaintes dans le cas de dépression hivernaleÊ?
Apathie et morositéLe malade se sent apathique et fatigué avec l’impression d’avoir la tête remplie d’ouate. Il n’a envie de rien, même pas de contacts sociaux. Il broie du noir et peut avoir des crises de larmes subites. Il a une image négative de lui-même, se sent inutile, laid et trop gros. Il peut ressentir de l’angoisse souvent causée par un manque de confiance en soi.
Changements du comportement, mauvaise humeur, morositéA cause de la fatigue, le malade a beaucoup de mal à fonctionner. Sa résistance diminue et il peut être très irritable. Souvent la concentration diminue et les activités les plus simples demandent beaucoup d’efforts avec pour conséquence qu’il ne fait que le strict nécessaire.
Boulimie associée à une prise de poids difficilement acceptéeLe malade a tendance à manger des aliments riches en énergie contenant beaucoup d’hydrates de carbone et de sucres (pâtes, pommes de terre, chocolat, biscuits, gaufres, crêpes et sucreries). Il mange plus et souvent grossit.
Un irrésistible besoin de dormir / Sommeil agitéUn besoin anormal de sommeil, une durée de sommeil beaucoup plus longue et le sentiment de se réveiller épuisé. Le patient souffrant de dépression hivernale a souvent un sommeil agité et peut souffrir d’insomnie, ce qui lui donne envie de dormir pendant la journée. Le patient éprouve un réel manque d’énergie. Sa résistance aux infections est diminuée, il tombe malade plus facilement, ce qui diminue encore sa résistance. Il souffre de maux musculaires inexplicables qui disparaissent en été.
Qui est susceptible de souffrir du SAD?Tout malade peut être diagnostiqué comme souffrant de dépression hivernale si les symptômes ci-dessus se manifestent dans les circonstances suivantes: les symptômes n’apparaissent qu’en automne, en hiver et au printemps. Certains malades en souffrent de septembre à avril. les symptômes reviennent chaque année, souvent à la même période. Aucun autre facteur ne peut les expliquer. D’autres facteurs peuvent faire penser à des maladies telles que ME, un manque de fer, la maladie de Pfeiffer ou un problème psychique. Une période de chagrin qui revient tous les ans peut avoir comme cause un évènement traumatisant tel le décès d’un compagnon en automne.
Il est de plus en plus évident que la luminothérapie peut également être utilisée pour soigner d’autres pathologies comme un dysfonctionnement du biorythme et pour des pathologies liées au système hormonal.
Le jet-lag peut durer longtemps, souvent 4 à 5 jours. Un dysfonctionnement de l’horloge biologique apparaît lors de vols longue distance où l’on passe par différents fuseaux horaires. Le fait que le jour et la nuit sont déplacés dérègle l’horloge biologique. Le syndrome du travail en équipes. Les problèmes de sommeil après un travail de nuit. Les troubles du sommeil (le déplacement de la période de sommeil) peuvent avoir pour conséquence une diminution notoire de la qualité de vie, source de nombreux symptômes physiques et psychiques, qui conduisent à une surconsommation de médicaments et poussent à prendre des risques inconsidérés dans la vie courante (accidents dus à un excès de fatigue ou micro-sleep lors du travail de nuit). Le passage à l’heure d’hiver peut provoquer de la somnolence pendant le jour. Les femmes souffrant de problèmes hormonaux tels le syndrome prémenstruel et la dépression postnatale. On remarque que la dépression hivernale arrive après un changement hormonal, par exemple à la puberté, lors d’une grossesse ou à la ménopause. A ces moments-là, la dépression hivernale peut s’aggraver ou simplement disparaître.
Quel traitement appliquer?Il est évident que les malades souffrant de dépression hivernale ne peuvent que bénéficier de la luminothérapie. Comme déjà dit plus haut, il y a un lien incontestable entre l’exposition à la lumière naturelle et les fonctions biologiques de notre corps. Les expériences photométriques ont prouvé que la luminothérapie produit une quantité de lumière qui, par ailleurs, ne peut pas être atteinte en automne et en hiver. Pour atteindre 2500 lux, une cure de luminothérapie de 3 heures par jour est nécessaire. Le traitement peut être ramené à 30 minutes par jour si on utilise une lampe 4 fois plus forte, à savoir 10.000 lux. Il est déconseillé de faire une séance de luminothérapie le soir. Il importe peu qu’elle ait lieu le matin ou en fin d’après-midi. La fatigue disparaît en même temps que les symptômes psychiques.
Attention à l’utilisation de médicaments lors d’une cure de luminothérapie. Certains médicaments agissent sur les mêmes hormones que la luminothérapie, ce qui pourrait être néfaste. Attention aux pathologies qui peuvent s’aggraver sous l’effet d’une forte lumière. La lumière peut provoquer des crises d’épilepsie ou de migraine. Attention aux maladies oculaires comme la cataracte ou des lésions graves de la rétine. Commencer la cure dès l’apparition des symptômes. Ainsi le biorythme perturbé sera rétabli rapidement, ce qui empêchera le malade de sombrer plus bas.
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